Le marathon de Paris s’est déroulé dimanche dernier, retour sur une course aussi magnifique que douloureuse.
Réveil, 5h45. On sort de la torpeur de la nuit progressivement pour prendre son petit déjeuner vers 6h30. Après, ça on en profite pour aller sur le net et écouter un peu de zik, avant de se préparer. Préparation, crème sur le pied, sparadrap. Puce, eau, dossard, poignets tout est en place pour aller courir.
8h, arrivée Rue Victor Hugo, on croise les premiers coureurs à l’échauffement, le départ est dans 45minutes, on cherche à déposer ses affaire aux vestiaires. Ambiance, ambiance. On croise les coureurs dans leurs derniers préparatifs, qui se prennent en photos, qui se massent, quelque part on rentre dans la course. C’est la galère pour poser son sac. Tant bien que mal, on arrive enfin à poser ses affaires, on discute avec des copains que j’ai croisés (miraculeusement ?). Juste le temps de rejoindre l’avenue des Champs Elysées et son sas de départ. Il est 8h30.
Le speaker fait monter la pression. Le maire de paris, prend la parole, on s’en fout, on veut qu’on chose : partir. « You have paris at your feet », comme le disent des participants Américains. Après, le départ des élites. Vangelis retentit sur les Champs, 8 minutes après, je passe la ligne de départ : La course est lancée.
Les premiers hectomètres
Les sensations sont très bonnes. On profite, on découvre. La concorde, la rue de Rivoli pour les runners. Le premiers kilomètre bouclé au ralentit ou presque. On découvre une ambiance sympathique au bord de la route. Les pompiers assurent l’ambiance. Peu après, le 5éme kilomètres, premier ravitaillement, on fait attention, bien que pas de sensation de fatigue, on le prend sérieusement, orange, eau. Stupeur, ralentissement considérable : goulot d’étranglement à la Bastille. On le passe et on repart tranquillement. Toujours, de bonne sensation, on arrive vers la Porte Dorée, on rentre dans Vincennes. 10eme kilomètre franchi. Retard à l’allumage : pas de panique. Ravitaillement, on se recharge en eau, en orange, et 1er gel. Psychologique ou pas ? On entend plus de conversation. 1er durcissement de la course. On longe le château de Vincennes, on rentre dans la forêt, on fait une boucle, 12Km premiers sentiments de fatigue : pas de panique, on se concentre sur la foulée : ça se débloque. Plus, le ravitaillement du 15eme Km, tout repart bien. Moral au beau fixe, on arrive a surmonté les premières difficultés, ça descend. On continue d’avancer jusqu’au 20eme Km, où l’on profite de bien se ravitailler en banane, orange et eau. Passage au Semi, en un peu plus de 1h50. La fatigue se fait ressentir, mais on se concentrant sur la foulée on arrive tout de même à avancer. On voit les premiers coureurs victime de crampes, qui se mettent sur étirent sur le côté. Avenue Daumesnil, on a de bonne sensation, d’autant plus qu’il y a du monde qui nous supporte : c’est cool. On continue, on attaque les quais pour traverser tout Paris, pour rejoindre le bois de Boulogne. 27eme kilomètre, on est sous un tunnel, ça crie dans tous les sens : Paris nous appartient. Je rigole moins, les jambes se durcissent sérieusement : la lutte commence. La solidarité des coureurs fait que je suis aidé par un coureur qui m’encourage m’affirmant que le coup de pompe est passager, qu’à partir du 30eme ça passera : il en sera rien.
Les tunnels se succèdent, j’anticipe le ravitaillement du 30eme Km. Une observation qui ne trahi pas : les chuchotements. Durant les dix premiers Kilomètres, ça discute dans le peloton, à partir du 30eme tout le monde est dans le dur, on parle plus, on s’encourage ou on se tait. Les rictus de douleurs font leurs apparitions sur les visages, les spectateurs s’en aperçoivent. On rentre dans une partie de la course où « ça se joue dans la tête » comme diront certains. Effectivement, la course se joue, à partir de ce moment là, dans la tête. Les mollets se durcissant, je suis obligé de faire des étirements sur le côté qui me feront le plus grand bien. Remonté de la Rue Mirabeau, qui va vers le bois de Boulogne. C’est dur, on se fait dépasser par des personnes improbable, l’égo en prend un sacré coup. Là encore, c’est dur. 35eme ravitaillement, on se restaure comme on peut. 7 kilomètres de l’arrivée, c’est long et c’est court à la fois. On continue, on attaque le faux-plat, le long de l’hippodrome d’Auteuil, quelques stands sympathiques (Marathon du médoc), dont on ne veut pas entendre parler.
On attaque le bois de Boulogne, dans laquelle on s’engage, où l’on voit les autres en sortir, on se doute pas que cette boucle soit aussi longue et aussi difficile. C’est là que je me rencontre, qu’il fait chaud, on est écrasé par la chaleur. J’essaye de courir de manière continue, mais je n’y arrive pas. Je cours, je marche. La douleur ne passe pas. Dans ces moments là, on est bien seul, on peut ne pas tricher. Je m’énerve a ne réussir à courir, certains me guettent et en sourissent. Dans ces moments là, on se dit que c’est notre dernière course, qu’on posera nos chaussures et qu’on touchera plus. Le marathon c’est aussi ça. On ne sait toujours pas si on est dans le 36 ou le 37 Kilomètre, ce n’est pas grand-chose de l’écrire, mais dans la course cette différence n’est pas du tout négligeable. 40eme kilomètres, ravitaillement le meneur des 4h30 arrive, on le lâche pas, dans la tête on est fort, il est reste que 2 kilomètres et 195 mètres. On lâche rien, on est fort, on reste fort, on passe sous l’arche annonçant le 41eme kilomètres. On continue d’avancer, l’arrivée est proche, dernier virage, 42eme kilomètre, un peu plus loin l’arrivée : la délivrance, et un sentiment de fierté d’avoir atteint l’arrivée, je peux lever les bras au ciel. 4h34.
Prêts à rechausser
A l’arrivée, on reçoit une médaille pour avoir réussi à avoir accompli cette distance, en fait on s’en moque totalement. Toutefois, les douleurs au niveau du ventre font qui font qu’on a ni faim ni soif. Envie que d’une chose dormir, boire à la limite. L’attente semble longue pour pouvoir se faire masser. Impossible de boire leur powerade. Dégoûté des produits chimique, qu’on me donne de l’eau, la vraie. Je récupère mes affaires, je m’en vais, d’un sentiment mixte, déçu et fière d’avoir accompli ce défi. Douche, repos, étirement et un bon repas sont le bienvenu.
Dans l’après midi, je reçois des coups de fils, on discute, on explique notre course, les difficultés. Et finalement, en discutant de notre course, y a des effets thérapeutique, la douleur qui était la notre lors de la course semble être loin et pourtant. Deux jours après cette course, j’ai envie encore de rechausser et de repartir pour un autre marathon.
Ce sera sûrement le dernier marathon de l’année 2009. Le prochain en 2010 sera un marathon automnal pour des raisons pratique de préparation. En tout, heureux d’avoir réussi ce pari, et un souvenir inoubliable.